Qui se cache derrière Tricot en cours ?…

Tricoteuse. Fileuse. Teinturière. Psychologue. Amoureuse de la laine. Buveuse de thé. Tisseuse de lien. Aventurière. Conteuse.

Mon histoire avec la laine débute il y a plusieurs années de cela : enfant d’abord, alors que ma mère m’enseignait les premiers rudiments du tricot et que mes deux grands-mères, toutes deux tricoteuses émérites, laissaient tomber de leurs aiguilles des ouvrages pour leurs enfants et petits-enfants.

La vie passe ensuite par là et s’en suit une pause dans mes aventures tricotesques, alors que je consacre mon énergie à l’obtention de mon diplôme de psychologue.

Et puis un jour, je ressors les aiguilles de ma grand-mère et quelques uns de ses vieux catalogues pour tricoter à ma fille la fameuse brassière en laine que toutes les maternités réclament, sans me douter que cette activité est en train de devenir un élément incontournable de mon quotidien.

Le tricot trouve très vite sa place dans ma vie et j’enchaîne avec enthousiasme mailles et rangs, toujours à la recherche de nouveaux ouvrages à tricoter, pour mon entourage ou pour moi-même.

Plus qu’une fin en soi -quelle satisfaction de porter des pièces que l’on a confectionné de ses propres mains !- c’est le processus du tricot qui me parle. Trouver le modèle parfait et la laine qui lui correspond, monter les premières mailles, puis les premiers rangs ; recommencer les mêmes gestes, mille fois, patiemment.

Faire, parfois défaire. Et laisser vagabonder sa pensée.

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J’ai eu la joie d’enseigner le tricot dans différents cadres et il m’apparaît qu’il est un lien social puissant : pendant que nos mains s’activent, nos langues se délient. Et puis si l’on n’a pas envie de parler, on peut se taire aussi. Mais être ensemble.

Et la laine dans tout ça ?

Plus je tricote, plus j’ai envie d’en savoir plus à son sujet. Et d’y mettre mon grain de sel…

Je commence donc à me former aux techniques de filage au fuseau et au rouet avant de me lancer dans l’aventure de la teinture : faire mes propres couleurs, à partir de matériaux végétaux ou de pigments naturels, élaborer des bains, y plonger un écheveau que j’ai moi-même filé, centimètre après centimètre, et m’émerveiller de la teinte unique qu’il aura pris après ce temps passé à tremper…

Participer à l’anoblissement de la matière. Accueillir l’inattendu. Faire de ce qui semble un échec une réussite. Embrasser le processus.

Le travail de la laine concrétise des valeurs qui me sont chères : la transmission de savoirs-faire ancestraux, l’inscription dans une histoire qui nous dépasse, la poursuite d’une pratique artisanale qui prend soin de l’environnement, respecte les hommes et les bêtes, valorise les filières locales et le travail manuel.

C’est au coeur de cet univers que je vous invite : que ce soit le temps d’un atelier, en parcourant les pages de ce site ou en laissant courir vos doigts dans une pelote de laine, mon souhait est que vous fassiez l’expérience de la douceur, d’une parenthèse où vous puiserez joie et créativité.

Céline