Un défi par jour ou Comment mettre la peur minable

Il y a quelques mois, à la suite d’une conversation avec une de mes plus chères amies et mon mari, j’ai pris une décision.
Je venais de traverser -encore- une période de doute et d’incertitude quant à mon avenir professionnel et commençais à sentir dans ma bouche le goût amer du découragement et de la défaite.
Mon amie -appelons-la Lainée par exemple- pleine de bon sens, de ressources et en route pour devenir un coach professionnel, un vrai!, m’a posé des questions et donné quelques billes pour m’aider notamment à m’organiser dans la gestion et le développement de mon activité. Nous avons parlé objectifs, tâches, planification, motivation et vision (entre autres choses).
Je me suis donc levée le lendemain matin (c’était un jeudi, je m’en rappelle encore), gonflée à bloc, quoique toujours un peu hésitante, me suis emparée de mon bullet journal flambant neuf et ai commencé à écrire ces fameux objectifs et ce que je comptais mettre en place pour les atteindre.

Et je ne sais plus bien comment j’en suis venue à cette décision mais ce fut sans doute là, au milieu de ma liste de tâches et de listes à cinq tirets qu’elle m’est apparue comme une évidence : je pouvais continuer à faire ce que je savais si bien faire, c’est à dire naviguer dans ma zone de confort ou alors tenter le tout pour le tout et prendre des risques.
Non pas que je n’en ai jamais pris mais là, c’était différent : il s’agissait de donner naissance à mon rêve.
J’ai donc décidé de ne plus subir mais de relever, chaque jour, les défis, souvent ordinaires, qui se présentent devant moi. D’affronter les choses qui me font peur ou qui me challengent. D’arrêter de procrastiner en attendant d’avoir le courage. De prendre des décisions sans savoir avec certitude ce qui va arriver.
N’allez pas croire qu’il s’agit de choses comme traverser l’Atlantique à la rame ou d’escalader la face Nord de l’Everest… Non.
Répondre à un numéro inconnu. Appeler quelqu’un pour lui demander de l’aide. Tenter quelque chose de nouveau sans m’inquiéter du résultat.


Alors j’ai commencé avec de petites choses, des choses qui n’ont l’air de rien mais qui comptent beaucoup dans mon quotidien… comme accepter de rencontrer cette dame que je ne connais pas et lui dire que ce n’est pas possible de faire ça chez moi mais que nous pouvions nous voir à la médiathèque.
Chemin faisant, j’ai vu cette affiche dans le hall qui proposait un atelier cosmétique et j’ai osé aller demander tout de suite à la bibliothécaire qu’elle était la personne qui organise ces ateliers et si elle pensait qu’elle pourrait être intéressée par un atelier tricot… Il se trouve que cette même personne qui m’a si gentiment accueillie était la responsable des ateliers et que « oui, du tricot ça les intéresseraient beaucoup » et que « Est-ce que je peux prendre vos coordonnées ? »


Dans les jours qui ont suivi,
– j’ai eu une idée et j’ai contacté sans tarder mon frère qui est doué dans ce domaine et qui m’a aidé à y travailler depuis,
– j’ai envoyé un texto à ma comparse Bulle pour qu’on se retrouve pour travailler à notre rentrée associative. Un peu plus tard, avant que l’on ne se voie chez moi pour plancher, je lui ai dit que mon fils était malade et je lui ai laissé le choix de décider si elle voulait toujours venir ou pas. Ça n’a l’air de rien comme ça mais pour quelqu’un comme moi qui est toujours en train de s’interroger sur ce qui serait le mieux pour les gens et comment faire en sorte que tout aille bien, tout le temps, ça n’est pas de la tarte.
– quelques temps après, alors que je m’apprêtais à carder un assortiment de mèches de laine grises et blanches (un choix plutôt « sûr »), mon regard s’est arrêté sur l’affiche placardée dans mon atelier avec cette citation de Matisse : « La créativité demande du courage »… et j’ai décidé de rajouter du jaune.

Tous les jours je choisis. Je savoure ma liberté de pouvoir dire oui, même quand j’ai peur. De dire non aussi quand on voudrait que je dise oui.
Je me fiche que la bibliothécaire me rappelle ou non (même si depuis elle l’a fait pour me demander un devis pour un atelier :), que cette idée que j’ai eue marche ou non ou que quelqu’un aime ma laine jaune et grise.
Certains jours j’arrive même à me moquer que les choses réussissent ou aient du succès.
Je m’efforce de saisir chaque opportunité qui se présente, de prendre des risques et aussi, à chaque fois que la peur tente de me barrer la route, de lui casser la gueule.
Parce que comme en tricot ou en filage le voyage est aussi important que la destination et que je veux apprendre à aimer le processus autant que la finalité.
Ce qui est construit en moi au cours de l’aventure a autant -voire plus- de valeur que l’objectif à atteindre.

Est-ce que j’ai toujours peur ? Bien sûr. Et certains jours plus que d’autres.
En revanche, je ne la laisserai plus décider à ma place.
Je vais la traquer sans relâche, la démasquer et lui reprendre ce qu’elle m’a volé.
Elle m’a longtemps menti en me faisant croire qu’elle était mon amie et qu’elle ne voulait que mon bien…

Un défi par jour… ou comment je me bats au quotidien pour que la peur n’ait plus jamais le dernier mot.


20 thoughts on “Un défi par jour ou Comment mettre la peur minable

  1. Maud Répondre

    Bonne route!!

    1. Tricotencours_ Répondre

      Merci Maud !!

  2. Laurie Répondre

    Bravo pour ce parcours, bravo pour ce récit !!! Bonne continuation !

    1. Tricotencours_ Répondre

      Merci Laurie ! On avance, on avance ! 🙂

  3. GUILLOY..... "Chantal" Répondre

    Bravo, à toi, pour ton témoignage – SUPER – et…. bravo au »vrai coach », que je crois reconnaître !

    1. Tricotencours_ Répondre

      Merci Chantal ! Et oui, effectivement tu connais bien ce super coach !

  4. Chloé Répondre

    Wahouuu. Très très bel article et plein de vérités qui me parlent aussi. Merci

    1. Tricotencours_ Répondre

      Merci Chloé. Heureuse que cela te parle !

  5. Daphné Répondre

    Très beau texte Céline, merci pour ce partage. Grosses bises de courage.

    1. Tricotencours_ Répondre

      Merci Daphné ! C’est l’aventure d’une vie !!

      1. jane Répondre

        Bravo Celine,
        Je trouve ton blog magnifique et ton courage admirable !
        Le tricot cest carrement un état d esprit et toi tu en est la parfaite illustration!
        Le retour aux choses importantes et jusqu auboutisme , cest genial !!
        Nous te souhaitons le meilleur et bravo pour tes articles très bien ecrit
        Jane Bruno Briac et Romane(de Lyon😜)

        1. Tricotencours_ Répondre

          Oh bonjour Jane, quelle plaisir de te retrouver ici !! Merci pour tes mots et plein de bises à toute la famille, en espérant que vous vous portez bien…

  6. Estelle Répondre

    Merci pour ce très bel article que je découvre ce soir grâce à ton coach 😉
    Une petite bouffée d’air frais et des mots simples qui résonnent fortement en moi pour me pousser de l’avant.
    L’envie de relever un défi par jour, aussi petit puisse-t-il paraître… Vivement demain qu’un numéro inconnu m’appelle 🙂

    1. Tricotencours_ Répondre

      Estelle, merci pour ton commentaire ! Si cet article a été un encouragement pour toi… objectif atteint !

  7. Jenn Répondre

    Cette laine jaune et grise est juste parfaite… et le choix des mots si juste! Un beau défi que cette aventure..

    1. Tricotencours_ Répondre

      Merci Jenn… J’adore moi aussi cette laine (et cette aventure plus encore !).

  8. Daniela Répondre

    Très touchant cet article, plein de douceur et de force tout comme les couleurs de tes pelotes de laine. Ça me parle aussi ce combat contre la peur ! bravo à toi et bonne continuation.

    1. Tricotencours_ Répondre

      Merci Daniela… Je suis heureuse que cet article te parle !

  9. Marianne Répondre

    Je ne crois pas que la peur nous mente en nous faisant croire qu’elle est notre amie, elle cherche à nous protéger de tous les risques et de toutes les déceptions/ désillusions qui pourraient nous faire mal…Elle nous dit « tu as eu mal en amour ou en amitié, n’aime plus, tu ne souffriras plus ! »Mais on peut lui expliquer que même si elle cherche à nous protéger, on peut faire autrement et prendre des risques….Moi aussi j’arrive de plus en plus à claquer le bec à Georgette, la petite voix qui me dit que je suis pas capable et que je n’y arriverais pas.. Ça prend du temps, mais quelles Victoires !!

    1. Tricotencours_ Répondre

      C’est tout un processus en effet… Je comprends ta perspective même si je vois davantage la peur comme une ennemie que comme
      une protectrice. En revanche je la trouve très utile pour repérer les endroits qui ne sont pas encore sécurisés dans ma vie et y travailler ! En tout cas, merci pour cet échange Marianne !

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